Rencontre avec le département d’accueil des demandeurs d’asile de la Croix-Rouge

Ce 15 janvier 2018, les Jeunes cdH étaient à Jupille pour rencontrer des membres de la Croix-Rouge de Belgique. Nous voudrions partager avec vous quelques enseignements (non-exhaustifs) de cette rencontre.

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Ce 15 janvier 2018, les Jeunes cdH étaient à Jupille pour rencontrer des membres de la Croix-Rouge de Belgique.

L’objectif était de mieux comprendre comment les demandeurs d’asile sont accueillis en Belgique, quelles sont les réalités du terrain et ce que le monde politique doit améliorer pour humaniser sa politique migratoire. Nous voudrions partager avec vous quelques enseignements (non-exhaustifs) de cette rencontre.

Le statut de réfugié est octroyé sur base de la convention de Genève qui évoque des motifs de persécution liées à l’origine, la religion, la nationalité… Il ne fait nullement mention des motifs climatiques. Sachant que de nombreuses voix prédisent l’augmentation future des migrations liées au réchauffement climatique, il nous semble primordial d’anticiper et d’élargir les critères d’octroi du statut de réfugié. Sans reconnaissance, les réfugiés climatiques seront d’autant plus dans une situation de précarité.

Du point de vue de l’accès au marché du travail, le demandeur d’asile peut travailler quatre mois après que sa demande ait été introduite. Il peut alors travailler le temps du traitement de sa demande. Deux écueils compliquent l’accès au travail du demandeur : le transport et la contribution à l’aide matérielle d’une partie du salaire gagné par le demandeur d’asile.

1) L’accès au lieu de travail peut être un véritable obstacle, principalement en raison du coût de transport. En Flandre, il existe des dispositions favorisant la mobilité du demandeur d’asile comme une réduction du prix des transports en commun. Ce qui n’est pas le cas en Wallonie.

2) Quant à la contribution financière, elle est définie par l’Arrêté royal du 12 janvier 2011 et a pour objectif de faire participer les demandeurs d’asile salariés à l’aide matérielle dont ils bénéficient. Cependant, les montants sont énormes : par exemple, pour la tranche de rémunération au-dessus de 500€, la contribution équivaut à 75%, pour la tranche de montant entre 300 et 499 €, la contribution est de 65%. De quoi se décourager de travailler…

3) Par ailleurs, le délai de traitement des demandes peut être long, trop long : jusqu’à deux ans. Si certaines nationalités sont traitées rapidement en raison d’un taux de reconnaissance du statut de réfugié élevé (c’est le cas notamment des demandeurs d’asile syriens), de nombreuses demandes trainent. Ce qui équivaut, pour la personne, à deux ans d’attente sans pouvoir se projeter ou espérer construire sa vie durablement : un calvaire.

4) Finalement, l’expérience de la Croix-Rouge montre l’importance de l’intégration des demandeurs d’asile, plutôt que l’exclusion. En ce sens, les nombreux demandeurs d’asiles actifs dans le volontariat, les échanges avec les habitants des communes disposant d’une structure d’accueil ou encore l’accès au marché du travail sont autant d’éléments positifs. Dans cette dynamique, la société d’accueil a un rôle évident à jouer.

Ces quatre problématiques ne sont pas les seuls points à améliorer de la politique migratoire, mais ils sont facilement atteignables avec une bonne volonté politique.

Pour en savoir plus sur l’action de la Croix-Rouge de Belgique : http://www.croix-rouge.be/