Sortir de l’enfermement comme seul outil de la politique migratoire

Face à la diminution des places d’accueil décidée lors de cette législature et la précédente, combiné à l’augmentation des demandes d’asile en 2015, beaucoup de migrants et de migrants en transit se sont retrouvés sans aide, dans le dénuement le plus total et à la merci des passeurs.

De quoi s’agit-il ?

Sortons du paradigme de l’enfermement dans l’accueil des migrants. D’autres solutions plus efficaces et facilitant l’intégration existent.

  • La Belgique a été condamnée le 7 juillet 2015 par la Cour européenne des droits de l’homme pour déficience dans l’hébergement des migrants.
  • L’Etat est responsable des personnes se trouvant sur son territoire, qu’ils soient demandeurs d’asile, migrants ou en situation illégale. Le gouvernement doit dès lors s’assurer du minimum de dignité pour tous.
  • Le coût des structures d’accueil en centre fermé et ouvert est cher. D’après Théo Francken, le coût journalier d’un séjour en centre fermé est de 200 €, en centre ouvert de 40€ à 80€ selon le profil de la personne (mineure, etc).
  • Une logique de centre d’accueil crée une séparation entre le primo-arrivant et la société d’accueil. La logique voudrait que le migrant puisse contribuer à la société.

Les initiatives citoyennes ont rempli le rôle de l’État, mais ont aussi montré une voie à suivre : la collaboration État – Citoyen.

  • L’hébergement des migrants doit être piloté et assuré par l’Etat. Cependant, la non-volonté politique de remplir ce rôle a conduit à une situation où les citoyens ont endossé ce rôle et développé une expertise considérable. Les récentes mobilisations prouvent que les citoyens ont un rôle et une expertise à offrir.
  • Face à la diminution des places d’accueil décidée lors de cette législature et la précédente, combiné à l’augmentation des demandes d’asile en 2015, beaucoup de migrants et de migrants en transit se sont retrouvés sans aide, dans le dénuement le plus total et à la merci des passeurs.
  • Des mouvements citoyens, dont la Plateforme citoyenne, ont, dès lors pris le relais. Conseils juridiques, aide médicale, matérielle et hébergement ont été fournis sur base de la générosité citoyenne. La qualité de l’accueil et l’importance de la mobilisation sont à souligner.
  • A Malines, chaque primo-arrivant était parrainé par un citoyen qui était volontaire et défrayé. Le citoyen devait faire découvrir la ville au primo-arrivant. Pour sa politique d’intégration réussie, le bourgmestre de Malines a reçu le prix de meilleur bourgmestre du monde 2016[1]. Le programme facilite l’intégration à travers la culture, la langue, le sport… Il met à contribution la ville et les citoyens.
  • En Australie et au Canada, des modèles de parrainage ont été testé. Le « parrain » volontaire aide matériellement le migrant mais facilite aussi l’intégration d’un tissu social et du marché de l’emploi[2].
  • Certaines associations à l’instar de Caritas mettent à disposition des logements (appartements, maisons, etc.) pour les demandeurs d’asile. Ainsi ces personnes se retrouvent avec plus d’indépendance que les régimes collectifs des centres d’accueil. En outre, elles reçoivent une aide matérielle (qui comprend la nourriture, l’habillement, les soins de santé et l’accompagnement sociojuridique).

[1] https://www.theguardian.com/public-leaders-network/2017/feb/16/belgian-mayor-wins-world-prize-for-work-on-integrating-immigrants

[2] F. Gemenne et P. Verbeeren dans Au-delà des frontières. Pour une justice migratoire, Centre d’action laïque, p. 98.

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