En 2019, on n’enferme pas un enfant. Point.

En 2008, l’Etat Belge s’était vu contraint de cesser ses désolantes pratiques de détention en #centresfermés d’enfants migrants à l’issu d’une condamnation par la Cour Européenne des Droits de l’Homme et diverses actions menées par la société civile.

Dix ans plus tard, en août 2018, le gouvernement Michel autorise dans un arrêté royal l’enfermement d’enfants migrants dans le centre fermé #127bis à #Steenokkerzeel. Ce sont 19 enfants âgés de 9 mois à 17 ans qui seront détenus dans ces murs.

Plusieurs collectifs citoyens se sont levés contre la décision du gouvernement de permettre à nouveau ce type d’enfermement. La commissaire aux Droits de l’Homme de l’époque, Dunja Mijatovi, représentante du Conseil de l’Europe avait elle aussi demandé au secrétaire d’Etat à l’asile et à la migration, Theo Francken, d’abandonner en juin 2018 l’idée des centres fermés pour familles. L’UNICEF et le Comité des droits de l’enfant se sont également exprimés en rejoignant ce point de vue car l’enfermement de ceux-ci s’avère être une violation de leurs droits. Une demande a également été formulée concernant la modification de la loi pour enfin mettre un terme définitif à l’enfermement de mineurs sur base du statut migratoire. Rappelant aussi que tout doit être mis en œuvre dans l’intérêt supérieur de l’enfant et que l’enfermement n’est jamais dans son intérêt.

En avril 2019, le Conseil d’Etat belge rend un avis dans l’urgence dans lequel il suspend en partie l’arrêté royal et met ainsi fin provisoirement à la détention d’enfants migrants dans ce centre fermé. En effet, étant situé à proximité d’une piste d’atterrissage, les enfants risquaient d’être exposés à de fortes nuisances aéroportuaires sonores.

Juillet 2019, on apprend que des travaux d’insonorisations ont été menés au centre fermé 127bis, le mettant ainsi aux normes face à l’insonorisation des bâtiments, en vue d’avoir le droit d’y enfermer à nouveau des enfants.

👉 Les médecins sont unanimes pour dire que les enfants placés en centre fermé seront marqués à vie : impact sur leur santé, sur leur développement, sur leur bien-être psychologique. Peu importe la durée de l’enfermement, l’enfant peut se retrouver confronté à de nombreux traumatismes dus à la détention. Il tend également à renforcer cette image de criminalisation du #migrant et aspire toujours plus à le stigmatiser, sans parler de l’effet négatif sur leur intégration. De nombreuses alternatives aux centres fermés existent et ont déjà prouvé leur efficacité.

En automne, le Conseil d’Etat devra se positionner sur le fond de l’arrêté et l’Etat espère une décision favorable à l’enfermement des familles avec enfants, argumentant sa position par les travaux de protections sonores effectués et la mise aux normes d’insonorisation des bâtiments du centre fermé 127bis.

« On n’enferme pas un enfant. Point. »