Migrants, réfugiés, demandeurs d’asile: la diversité du phénomène migratoire (2/4)

La complexité du phénomène migratoire peut prêter à confusion, ce qui permet une désinformation conséquente. Les chiffres s’opposent facilement et sont utilisés pour justifier une mesure et son contraire. En cause, les réalités derrière le migrant, le demandeur d’asile, le réfugié, le migrant temporaire sont différentes. Nous essayerons ici de déchiffrer quelques termes, concepts et chiffres afin de mieux comprendre l’ampleur et la diversité de ce qu’on appelle de manière détachée « les flux migratoires ».

Migrants, réfugiés et demandeurs d’asile : quelle différence ?

Pour commencer, on peut définir la migration comme un déplacement dans l’espace et dans le temps. Cela concerne les mouvements de population aussi bien intercontinentaux qu’internationaux et régionaux. Dans le discours politique actuel, on mentionne trois facteurs poussant à la migration : économiques, politiques et climatiques. Le premier type désigne les motifs économiques, comme l’espoir de trouver un meilleur emploi ou la fuite d’un pays en situation économique délicate. Les migrations politiques concernent les motifs de persécution, de discrimination, de menace… La destruction ou la modification de l’environnement de vie constituent un facteur de plus en plus fréquent[1]. Ces catégories ne sont pas exclusives et s’entremêlent.

Sur base de ces distinctions, on peut aborder les différences entre les termes « migrants », « demandeurs d’asile » ou « réfugiés ». Ces différences terminologiques sont utilisées dans les statistiques migratoires, il est donc important de bien les comprendre.

  1. D’après le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (l’UNHCR), « Les migrants choisissent de quitter leur pays non pas en raison d’une menace directe de persécution ou de mort, mais surtout afin d’améliorer leur vie en trouvant du travail, et dans certains cas, pour des motifs d’éducation, de regroupement familial ou pour d’autres raisons. Contrairement aux réfugiés qui ne peuvent retourner à la maison en toute sécurité, les migrants ne font pas face à de tels obstacles en cas de retour »[2].
  2. Les demandeurs d’asile ont quant à eux introduits une demande de reconnaissance du statut de réfugiés dans un pays tiers. Ils ont fui leur pays, introduit une demande d’asile et attendent une réponse favorable ou nom de l’instance gouvernementale compétente. Ils demandent une protection juridique d’un Etat[3].
  3. Un réfugié est une personne dont la protection juridique a été reconnue. La Convention de Genève (1951 du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés) définit la personne réfugiée comme suit : « qui (…) craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays; ou qui, si elle n’a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels événements, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner ».

D’autres distinctions sont établies lors de l’élaboration des statistiques sur les migrations. On parle de population immigrée (nées à l’étranger, résidant en Belgique – le critère est le lieu de naissance) ; de population de nationalité étrangère (nationalité étrangère – résidant en Belgique, le critère est la nationalité actuelle) ; ou encore de population d’origine étrangère (nationalité étrangère à la naissance)[4].