Position relative à l’industrie et au commerce de l’armement en Wallonie

En 2016, 1 438 licence d’exportations d’armes ont été acceptées par la région wallonne, pour un montant de 453 millions d’euros

De quoi s’agit-i l?

Les armes, un commerce lucratif :

En 2016, 1 438 licence d’exportations d’armes ont été acceptées par la région wallonne, pour un montant de 453 millions d’euros (avec un taux de réalisation de 49%). Dans 60% des cas, ces ventes sont à destination d’une entreprise privée et 40 % pour des gouvernements (d’après le GRIP).

Les ventes d’armes wallonnes sont à destination de 10 pays représentant 75,3% du total des ventes : Les Etats-Unis (101 millions d’€), la France (51 millions), les Emirats arabes unis (49 millions), l’Arabie Saoudite (34 millions), le Royaume-Uni (23 millions), la Turquie (21 millions), l’Indonésie (18m.), le Portugal (16m.), la Thaïlande (15m.) et l’Italie (14m.). Le volume des licences octroyées à l’Arabie Saoudite diminue par rapports aux records de 2014 (397 millions) et 2015 (576 millions), ce qui s’explique par des éléments conjoncturels.

On remarque que le Moyen-Orient a une place « prépondérante » dans les exportations d’armes wallonnes. Il en découle une dépendance de cette industrie envers l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis et le Pakistan. L’Arabie Saoudite est le premier partenaire commercial de l’industrie de l’armement wallonne avec plus de 37% du total de la valeur des licences d’armes entre 2012 et 2016.

Depuis 2014, de nombreux états « présentés comme des exemples en matière de régime de contrôle national ont autorisé d’importants transferts d’armements vers des zones de conflits, des pays en guerre ou des régimes brutaux ». Ainsi, 10% des demandes d’exportations belges sont jugées très sensibles au regard des critères de la « Position commune de l’UE ».

Où en est-on ?

L’UE définit un cadré légal, mais que la décision finale d’exportation est la compétence des Etats-membres, en Belgique des régions. En Région wallonne, l’octroi des licences d’armes est une compétence exclusive du ministre-président wallon.

Concernant l’Arabie Saoudite, la résolution du 8 juin 2017 de la Chambre des représentants, demandant de « soumettre à une réflexion approfondie » les relations diplomatiques, économiques, commerciales et énergétiques avec l’Arabie saoudite. La Position Commune (2008/944/PESC) de l’UE sur le commerce de matériel et de technologie militaire et notamment son deuxième critère susceptible d’entrainer l’interdiction du commerce de matériel et de technologie militaires : le non-respect respect des droits de l’homme dans le pays de destination finale et respect du droit humanitaire international par ce pays.

Pourtant, trois éléments prouvent que l’Arabie Saoudite ne remplit pas ces critères :

  1. La répression interne des minorités chiites en Arabie Saoudite
  2. Le conflit au Yémen où le rôle saoudien est fortement critiqué par les nations unies ou des ONG tel que Human Rights Watch et Amnesty International (voir ici notre réaction sur le conflit au Yémen)
  3. Les accusations de transferts illégaux d’armes par l’Arabie Saoudite à des groupes rebelles en Syrie . (Voir ici notre article dans Le Vif sur ce sujet)

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